Réaliser un dispositif d’aquaponie d’intérieur pour un coût minimal !

Notre ainé (12 ans) adore -entre autres choses-  les plantes et les poissons… A la rencontre naturelle des deux se trouve l’aquaponie ! Il souhaite donc depuis longtemps en mettre un système en place ! 🙂


Cékoidon l’aquaponie ?

Mauvaise réponse !

L’aquaponie est un écosystème de végétaux, bactéries, et poissons : les poissons sont nourris (ça c’est encore à nous de le faire, on n’en est pas encore à l’écosystème fermé !), l’eau de leur bassin est envoyée dans du substrat, dans lequel des bactéries rendent assimilables les nutriments indispensables pour la croissance des plantes, les plantes filtrent l’eau, et l’eau retourne nettoyée dans le bassin des poissons.

La motivation principale de notre grand : que ce soit un système qui fonctionne sans qu’il n’ait à s’en occuper. Parfait ! L’expérience (la mienne du moins) montre que c’est en général une motivation qui rend extrêmement créatif 😉

Je commençais à m’inquiéter pour l’état de sa chambre -nous vivons dans un petit appartement sans terrasse ni jardin- mais finalement après de nombreuses recherches (c’est fou comme le sujet fait l’objet de nombreuses expérimentations et de nombreux sites sur le net !) il a opté pour une solution très élégante vue chez « AquaponicsinBangalore » : un système simple, peu onéreux, compact et qui plus est joli !
Cela fera une très bonne V1 (avant de passer au système géré électriquement avec capteurs, carte Arduino, etc.) 🙂

Plein d’avantages dans l’aquaponie :

  • pas besoin de changer l’eau des poissons,
  • pas besoin d’arroser les plantes
  • moins de maladies
  • pas de mauvaises herbes
  • peu de maintenance
  • facile et joli !

Réaliser un dispositif d’aquaponie d’intérieur pour un coût minimal !

By 6 février 2019

Ces bidons de fontaines d’eau sont idéaux : transparents, sans angles pour être facilement nettoyés, en plastique alimentaire, n’ayant jamais contenu de produits nocifs, faciles à découper et néanmoins suffisamment rigides... Le plus difficile dans tout cela a été de mettre la main sur des bidons de fontaines d’eau : elles sont pour la plupart consignées et retournées aux prestataires de service… j’ai fini par en trouver sur le bon coin.

Instructions

1/ Le support
Nous avons commencé par découper un socle et à lui fixer des roulettes… dans un appartement ce n’est jamais en trop.

2/ Découpe des bidons
Les trois bidons sont coupés aux 2/3 de leur hauteur, à la scie à métaux.
un peu de papier de verre pour ébarber le tout.

On retire aux coupoles le bouchon. Leur extérieur est dépoli au papier de verre pour une meilleure accroche de la peinture puis peint à l’extérieur à la bombe, ceci afin de l’opacifier et d’empêcher le développement d’algues dans le pot.

3/ Le siphon
On perce de multiples trous le haut du goulot de la bouteille (juste sous le bouchon). Le plus simple est de le faire quand la bouteille est encore entière. Vous pouvez le faire avec une perceuse ou un clou chauffé au rouge (plus propre). Les trous devront être suffisamment grands pour que l’eau s’évacue sans qu’ils ne se bouchent avec la moindre petite feuille, et suffisamment petits pour empêche les billes d’argile de passer. Je recommande un trou plus grand d’évacuation de sécurité au niveau du bouchon.
On coupe les bouteilles de soda de façon à ce que leur bouchon soit au niveau du bord, une fois positionnées dans la coupole.
Un petit coup de papier de verre à l’endroit du contact entre bouteille et coupole pour garantir l’accroche du silicone, et on colle avec le mastic silicone de façon étanche.

 À faire pour les trois coupoles.

4/ Montage du dispositif
Les trois tasseau sont coupés à 150cm de longueur et fixés avec des équerres fines au socle. Après avoir positionné la partie « aquarium » du bidon  on la fixe à 1cm du bord aux tasseaux.

On fixe ensuite les coupoles avec des vis à 0,75cm de leur bord supérieur.
La coupole du haut (celle où arrive l'eau) est fixée de façon à ce que son bord supérieur soit à 113cm du socle. Les deux autres à 50cm et 80cm du socle.
Vous pouvez naturellement modifier les hauteurs, mais prenez bien en compte :
- La hauteur maximale de relevage de votre pompe (à tester in situ avant de fixer les coupoles)
- le bruit que fait l’eau en redescendant... ben oui si c’est dans une chambre il faut être prêt à entendre le glouglou... et plus l’eau tombe de haut, plus fort c’est.
- la hauteur suffisante pour intervenir dans l'aquarium et pour que les plantes puissent pousser !

5/ Installation de la remontée d'eau
Vous positionnez la pompe au fond de l’aquarium et fixez le tuyau le long d’un des tasseaux avec des colliers de serrage, et veillez à ce que la partie supérieure du tube ne puisse en aucun cas se verser en dehors de la coupelle.

6/ Ajustement de l'évacuation
Après quelques tâtonnements sur l’évacuation des coupelles, nous avons décidé de réutiliser les bouchons, dont nous avons raccourci l’embouchure interne pour éviter que cela ne fasse réservoir à saletés, et y avons adapté un bout de tube au moyen du bouchon interne que vous avez dû trouver au fond du bidon en le coupant...
De cette façon l’eau est dirigée sans éclaboussures au ras de la coupelle inférieure.

7/ Mise en route !
Vous remplissez les coupelles avec les billes d’argile que vous aurez préalablement lavées à grande eau, et vous n’avez plus qu’à essayer votre système !

avec les lampes de croissance cela fait ambiance boîte de nuit !

L’idéal est de le faire tourner quelques jours avec des plantes avant d’installer les poissons. Heu nous avons fait l'inverse...

Quel choix de plantes ?
- pour la déco : Chlorophytum,  Spathiphyllum, Pothos
- cultures potagères (légumes fruits et légumes feuilles) : tomates, laitues, concombres, aubergines, poivrons, salades, herbes aromatiques, fraises ...

Attention, les plantes décoratives sur la photo (Nephrolepsis et Chamadorea) ne sont pas idéales, nous avons pris ce que nous avions pour démarrer !

Mon ami Patrick, paysagiste (mais son champ de compétences et d'intérêt soit beaucoup plus large) nous recommande les plantes qui lui paraissent les plus adaptées à l'installation :

  1. plantes à port retombant :
    • Philodendron scandens
    • Tradescantia flumensis
    • Chlorophytum
  2. plantes à port érigé :
    • Aglaonema Maria
    • Boutures de Dracaena Janet Craig
    • Peperomia obstuifolia
    • Spatyphyllum

Le tout en hydroculture à acheter en pot 13/12 la plus petite taille disponible.
Cela donnera du volume à l'ensemble en complément des légumes et germinations diverses...

Comment installer des plantes dans votre système ?
Si vous voulez semer des plantes vous devrez probablement passer par soit un germinateur soit une serre de germination soit des petits godets avec un substrat de coco...
Attention il est important qu’elles reçoivent suffisamment de lumière afin qu’elles ne « tigent » pas, ce qui est fréquent en intérieur : dans ce cas les jeunes plants s’allongent de façon très frêle pour se diriger vers la source lumineuse...

Vous pouvez aussi aller plus vite en partant de vos épluchures de légumes pour faire votre potager d'intérieur ! si si si ! Vous ne me croyez pas ? allez voir l'article suivant !

Une fois que les plants se sont développés et qu’ils ont atteint trois à quatres paires de feuilles vous pouvez commencer à penser à la transplantation.

Pour transplanter des plantes en pot (qu’elles viennent du commerce, de germination maison ou de votre jardin) il faudra délicatement retirer toute la terre des racines en passant la motte dans l’eau ou sous le jet : la matière organique pourrait abriter des pathogènes... une fois toute la terre retirée et les racines nues vous lui creusez une place dans les billes d’argile, les racines entièrement plongées dans l’eau, et vous la laissez tranquille le temps pour elle de se remettre de ce traumatisme...

Il faut savoir que le système racinaire est complètement différent selon la nature du substrat, et quand on transplante de la terre à l'hydroculture des plantes elles doivent refaire de nouvelles racines adaptées à la bille... Dans la terre, les racines sont épaisses, fortes et ramifiées. Dans l'eau le système racinaire est léger et quasi transparent. Quant on change leur milieu du jour au lendemain, c'est un choc pour elles...

Choix des poissons
Victor a porté son dévolu sur les poissons rouges : beaux, robustes, ils sont bien connus pour salir l’eau... donc la charger en nutriments !
En principe on devrait avoir un poisson rouge pour 10 litres... bon en Aquaponie on peut pousser un peu puisque l’eau devrait être de bonne qualité. Nous sommes partis sur 2 poissons. On verra plus tard si nous pouvons en ajouter un troisième.

Il faut bien entendu contrôler de temps à autre la qualité de l'eau, comme n'importe quel aquarium, avec des bandelettes de test 6 en 1 par exemple...

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Super fier de mon fiston, belle réalisation 🙂
Je vous tiens au courant des prochaines récoltes de tomates et de fraises !

Agricool n’a qu’à bien se tenir, hihihi ! 😉

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5 Responses to Réaliser un dispositif d’aquaponie d’intérieur pour un coût minimal !

  1. Pingback: Hackez l’agriculture ! Recyclez même les déchets organiques ! | Toysfab

  2. Eric

    Super projet, bravo !

    Je suis débutant en aquariophilie, mais selon les forums et les commerçants spécialisés, il semble qu’il faut 50L à 60L d’eau par poisson rouge commun. Ce n’est pas une question de qualité d’eau mais d’espace dans lequel ils peuvent se déplacer confortablement, ce qui impacte leur santé. Et ce, même quand ils sont encore jeunes (ils peuvent grandir jusqu’à 10 ou 20 cm).

    Qu’en penses-tu ?

    • FXF

      Hello Eric,
      Merci pour ton commentaire, ben, heu, je ne sais pas trop… les personnes qui m’ont conseillé avaient l’air affirmatives pour le 1 poisson rouge par 10l… je vais à nouveau fouiller.

  3. Marie-Eve

    Mais que c’est beau ! Est-ce que la filtration perpétuelle de l’eau empêche la prolifération d’éventuelles algues unicellulaires ? L’eau se réoxygène-t-elle durant le circuit ?

    • FXF

      Merci Marie-Eve ! 🙂
      normalement oui pour la filtration, mais je n’en suis qu’au début, nous surveillons l’évolution du système… oui l’eau s’oxygène en chutant d’un bac à l’autre (normalement !).

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